Méthodologie de comparaison
des produits structurés
Comment nous apprécions un produit structuré, ce que nous écartons par principe, et les limites que nous assumons dans cet exercice.
La règle première : un sous-jacent que vous pouvez suivre
La majorité des produits distribués en France repose sur un indice décrément, c’est-à-dire un indice construit pour la structuration dont on retranche un dividende forfaitaire chaque année. Le procédé est documenté et parfaitement légal. Il a deux conséquences : le souscripteur suit plus difficilement son sous-jacent, et l’écart avec l’indice de référence se creuse si le prélèvement excède le dividende réel du panier.
Nous n’en référençons aucun dans ce comparateur. Toutes les structures reposent sur des indices publics ou sur des actions cotées. Le coupon y est financé par les dividendes non réinvestis de l’indice — un mécanisme que n’importe qui peut vérifier. Cela coûte environ un à deux points de coupon à barrières identiques, et permet malgré tout d’atteindre 16,2 % par an sur les profils les plus exposés.
La règle seconde : la signature et la protection avant le coupon
La plupart des classements de produits structurés ordonnent les offres par niveau de coupon. C’est l’inverse de ce qu’il faut faire. Le coupon est la variable la plus visible et la moins informative : il se déduit mécaniquement des autres paramètres. Un coupon élevé ne traduit pas la générosité d’un émetteur mais le prix d’un risque, ou la présence d’un mécanisme défavorable.
Les six critères
| Critère | Poids | Ce que nous examinons |
|---|---|---|
| Nature du sous-jacent | 25 % | Nous retenons des indices publics, calculés par un fournisseur indépendant et cotés quotidiennement, ou des actions cotées. Les structures sur indice décrément sont hors du périmètre de ce comparateur — par choix de lisibilité, et non parce qu’elles seraient par nature moins performantes : un décrément proche du rendement du dividende réel et correctement rémunéré reste un arbitrage défendable. |
| Qualité de la signature | 20 % | Notation des trois agences sur la dette senior de l’entité émettrice réelle, perspective associée, et identité du garant. Une notation inférieure à la catégorie investissement disqualifie le produit. |
| Profondeur de la protection | 20 % | Niveau de la barrière de capital, mode de constatation, et présence éventuelle d’un mécanisme airbag. Une barrière européenne profonde vaut mieux qu’un coupon élevé. |
| Lisibilité du mécanisme | 15 % | Nombre de mécanismes cumulés dans une même formule. Chaque couche supplémentaire — Worst-of, barrière continue, devise non couverte — dégrade la note, même lorsqu’elle améliore le coupon affiché. |
| Rapport rendement / risque | 15 % | Coupon rapporté non pas au marché en général, mais à ce que l’on peut obtenir au même moment, chez d’autres émetteurs, à barrières et maturité comparables. |
| Transparence des coûts | 5 % | Clarté de l’information sur les frais de structuration et de distribution, et cohérence entre la brochure commerciale et le document d’informations clés. |
La note sur cinq affichée dans le comparateur est la synthèse de cette grille. Elle exprime la qualité de construction d’une structure, pas une prévision de performance : aucune méthodologie ne peut anticiper le comportement futur d’un sous-jacent.
Ce que nous écartons par principe
- Les indices décrément, hors périmètre de ce comparateur. Ce n’est pas un verdict sur leur performance : c’est un choix de lisibilité, dont nous mesurons le coût à un ou deux points de coupon. Nous les analysons volontiers sur demande.
- Les émetteurs en catégorie spéculative. Aucun supplément de coupon ne compense une signature fragile sur un horizon de huit à douze ans.
- Les barrières de capital constatées en continu. Sur une maturité longue, la probabilité de franchissement rend la protection largement illusoire.
- Les Worst-of sur plus de quatre composantes. Le cumul de risques spécifiques y devient impossible à apprécier sérieusement.
- Les devises étrangères non couvertes lorsque le produit est présenté comme un produit de rendement : le change peut à lui seul effacer la formule.
- Les formules à plus de trois mécanismes cumulés. Au-delà, le produit n’est plus compréhensible par son souscripteur — ce qui est en soi disqualifiant.
Nos limites, assumées
L’honnêteté commande d’énoncer ce que cette méthodologie ne fait pas.
- Elle n’apprécie pas la pertinence d’un produit pour une personne donnée. Le meilleur produit du marché peut être le mauvais choix pour un patrimoine mal diversifié ou un horizon mal défini.
- Elle ne prédit rien. Elle juge une construction à un instant donné, sur la base des paramètres connus.
- Elle repose sur des données publiques : notations, documents d’informations clés, méthodologies d’indices. Elle n’a pas accès au prix de revient réel d’une structure.
- Les structures présentées dans le comparateur sont des gabarits de référence et non des souches en commercialisation : elles illustrent des combinaisons de paramètres, à un niveau de coupon cohérent avec les conditions de marché de 4 novembre 2026.
L’analyse d’un produit que vous nous soumettez
Lorsque vous déposez un document d’informations clés, nous appliquons la même grille, dans l’ordre : nature du sous-jacent, identité et notation de l’émetteur réel, niveau et mode de constatation des barrières, mécanismes cumulés, coûts, puis comparaison avec ce qui se traite au même moment à risque équivalent. Nous vous indiquons ce qui nous paraît solide et ce qui nous paraît cher — sans préjuger de votre situation personnelle, que nous ne connaissons pas à ce stade.
Fréquence de revue
Les niveaux de coupon évoluent avec les taux et la volatilité ; les notations évoluent avec les décisions des agences ; les gammes évoluent avec les émetteurs. Le contenu de ce site fait l’objet d’une revue éditoriale périodique, dont la date figure en pied de chaque page. Entre deux revues, les ordres de grandeur restent indicatifs.
Indépendance
Le Comptoir des Structurés est édité par La Financière de Rochechouart, cabinet de gestion privée exerçant en architecture ouverte. Nous ne sommes ni émetteur ni structureur : nous n’avons aucune souche à placer. Les émetteurs et établissements cités le sont à titre documentaire — leur mention ne résulte d’aucun accord commercial et ne constitue pas une recommandation. Lorsque nous accompagnons un client, nous mettons les émetteurs en concurrence sur une formule définie avec lui, et nous lui communiquons les frais applicables.